Aussi ne pourra-t-on que regretter, en ces conditions, que ce même Occident ne se mobilise pas autant pour détrôner le plus sanguinaire, peut-être, de ces tyrans : Bachar El-Assad, maître incontesté, bien que très contestable, de cette Syrie, où, ces jours-ci surtout, sont commis impunément et quotidiennement les pires massacres au sein des populations civiles. La ville martyre de Homs en est, hélas, le plus terrifiant des exemples !
L’Occident et ses indignations sélectives
Il est toutefois des dictatures, en ce même monde arabo-musulman, qui, bien que tout aussi impitoyables, et même parfois plus brutales encore (ce qui n’est pas peu dire), se voient étrangement épargnées par ce même Occident et, en particulier, la France, dont les élites intellectuelles sont pourtant toujours prêtes, depuis Voltaire avec l’affaire Calas et ensuite Zola avec l’affaire Dreyfus, à s’indigner, très justement, face à l’ignominie, quand ce n’est pas, plus dramatique encore, la pure et simple barbarie.
C’est là ce que les consciences critiques les plus honnêtes et lucides, mais aussi les plus libres de l’Hexagone, nomment tout aussi opportunément, mais en un sens péjoratif cette fois, l’”indignation sélective” ou, encore, l’”engagement à géométrie variable”. Dont acte !
Eh bien, de ces pays incompréhensiblement exemptés de tout sérieux et grave reproche, quant à sa manière pourtant hautement discutable de concevoir la démocratie, émerge, bien au-dessus de ce très peu recommandable lot de dictatures politico-militaires, le Maroc.
Oui, le pays de ce faux réformateur qu’est le roi Mohammed VI, monarque tout puissant, auquel on voue en outre un culte de la personnalité à faire pâlir d’envie les plus narcissiques des despotes, d’une nation où nulle véritable contestation du pouvoir en place n’est permis, malgré quelques aménagements législatifs de façade, sous peine de finir, pendant de longues et cruelles années, dans d’obscures prisons du royaume.
Silence, on censure !
De ce système peut-être encore plus dictatorial que celui de l’ancienne Tunisie de Ben Ali, pour ne s’en tenir qu’au Maghreb, “Le Nouvel Observateur” lui-même, a pu, il y a quelques jours à peine, en faire, du reste, l’amère et malheureuse expérience : la distribution de son tout récent numéro 2465 y a été tout bonnement interdite. Explication très maladroite du ministre marocain de la Communication, Mustapha Khelfi : le magazine comportait, sur l’une de ses pages intérieures, une représentation de Dieu, proscrite par la religion musulmane.
Lire tout l’article sur : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/319823-la-dictature-au-maroc-silence-on-censure.html
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